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Laissons Guillon prendre la Porte

guillonn.PNGTous deux humoristes sur France Inter, Stéphane Guillon et Didier Porte vont être privés de chronique. Le directeur de radio Jean-Luc Hees - nommé par Nicolas Sarkozy - justifie ainsi leurs licenciements : « L'humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans ». Il a raison. Au fond, il n'y a pas à regretter ces mises à l'écart.

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Radio RMC : Retraites, Mensonges et Complicité

Une partie du personnel de Radio France a décidé de faire grève. Des programmes sont annulés. De nombreux auditeurs se seront rabattus sur des stations privées, dont RMC. Vers 11 heures, ils auront pu ce jour de grève contre le recul de l'âge du départ à la retraite à 67 ans à taux plein, écouter l'émission engagée le talk show les Grandes Gueules, nid idéologique techno-poujado-libéral.

« On a un artisan au bout du fil, vous faites la grève ? », lance le journaliste.

-Non, je travaille moi ! Je suis artisan et je pense que c'est un scandale, c'est encore les privilégiés qui font grève, les fonctionnaires, les cheminots..., répond un homme.

« En plus, ils ne sont même pas concernés par la réforme ! Bon, on peut parler de grève par solidarité, mais ça a ses limites, ils embêtent tellement ceux qui travaillent et qui sont privés de transport... »

La galère, quoi.

-Non, je suis pas d'accord avec vous, moi je bosse, pas eux !

Ah ces privilégiés qui gagnent le SMIC, c'est vraiment abusif. Alors que « Monsieur Woerth, vous allez voir dans les manifestations, il va y avoir des pancartes sur lui, enfin c'est une habitude dans les cortèges... » Oui, c'est juste du folklore, de l'insulte gratuite, pas de faits, pas d'affaires derrière.

La notion d'être privilégié est relative.

«  On a un message de Lucia qui se demande quand on va arrêter de se plaindre en France... S'il faut travailler deux, trois ans de plus, bon eh ben c'est à faire, dit-elle. »

Un intervenant : « Oui, les Français ne sont pas idiots, ils ont bien compris qu'il fallait faire des efforts, travailler plus longtemps, qu'on avait pas le choix ».

Ce dernier va répéter cette phrase cinq fois. Il faut faire de la pédagogie aux Français. Y'a pas le choix. Les gains de productivité, la possibilité qu'a la société française de mieux répartir d'immenses richesses, la baisse de la participation du capital à la vie de la collectivité : non, non, pas le choix, les petits salaires privés comme publics doivent travaillent plus pour vivre moins à la retraite.

PROPAGANDE GOUVERNEMENTALE ?

L'inénarrable écrivain Marc Lévy est sur le plateau. Une profondeur inestimable est donnée au débat.

« Oui, déjà je veux dire que j'aime beaucoup les artisans. Non que je ne n'aime pas pas les fonctionnaires, il y a des professions admirables comme les professeurs, les infirmières, mais l'État regarde l'État. Il n'y a pas qu'eux qui font avancer le pays, les artisans le font beaucoup. »

Ah c'est si tentant de taper sur les fonctionnaires... Mais faut les flatter un peu tout de même puisqu'ils achètent des livres-produits. Ceux-ci seraient peut-être bien inspirés de ne plus le lire vu son positionnement politique qui leur tape dessus, eux qui ne font pas vraiment avancer le pays.

A propos des retraites, celui-ci continue :

« Moi, j'ai vu les chiffres, il y a quelques années, il y avait 3 actifs pour 4, si un jour on est à 0,8 pour 4, il va y avoir un problème ».

L'homme s'y connait en démographie aussi bien qu'en littérature. Évidemment, il ne se posera pas la question de savoir comment la France ne s'est pas écroulée il y a un quart de siècle lorsque de 4 actifs pour 4 retraités, nous sommes passé de 2 actifs à 4 retraités. Tout simplement parce que le pays en avait la capacité. Grâce à sa progression économique, à l'augmentation de sa production de richesses. Celle-ci ne s'est jamais démentie. Mais elle a été détournée au profit du capital au lieu de profiter au travail. Pourquoi ne pas débattre de ce fait-là ?

« Oh, ben il va falloir épargner pour sa retraite, ben on le fera, dit un auditeur qui a envoyé un SMS »

RMC, la radio amie de la retraite par capitalisation. A la télévision, des spots publicitaires apparaissent déjà. Ils vantent le financement de la retraite par des produits de banque qui cependant peuvent présenter des risques (Axa - Parlons CLAIRe). Vous avez bossé toute votre vie ? Risquez le peu qui vous restera à la fin.

Le futur s'annonce difficile, vous comprenez.

« Parce qu'attention, les gens se demandent même si leurs enfants auront encore une retraite ! Là, déjà ils voient que c'est dur, ça passe pour eux, mais demain... », dit un invité.

Ayez peur. Contentez-vous des miettes qu'on vous laisse.

TROIS ANS DE PLUS ? OH, C'EST RIEN

Plusieurs fois dans l'émission, tous les intervenants répéteront la phrase : « Oh, c'est quoi trois ans de plus, vraiment, c'est rien ».

La pénibilité n'est pas retenue en tant que telle dans le projet de réforme : elle sera subjective et individuellement décidée.

Travailler comme caissière après 60 ans trois ans de plus. Travailler à la chaîne après 60 ans trois ans de plus. Travailler sur un chantier après 60 ans trois ans de plus. Travailler dans un hôpital après 60 ans trois ans de plus.

Non, c'est rien, vraiment pour les auditeurs de RMC. Les animateurs penseront bien fort à eux lorsqu'après 60 ans, ils siroteront un doux diabolo aux Iles Grenadines.

Une fois bien avoir tapé sur les fonctionnaires sans avoir parlé du fond, le sujet de l'Équipe de France de football prend toute la place. On est jamais assez prudent pour verrouiller la tenue de débats démocratiques.

Si vous préférez une vision plus précise du problème des retraites, écoutez l'émission ''Là-bas si j'y suis'' du 23/06 intitulée ''L'enjeu des retraites'' animée par Daniel Mermet.

Son invité, Bernard Friot n'est pas une Grande Gueule. Sa thèse est que « l'enjeu central des retraites est l'émancipation du travail de la valeur travail. » Idéaliste, trop aérien, pas dans la réalité ? Tout au contraire, il s'agit d'une alternative plausible, argumentée. Réalisable.

Pour ce faire, il faut une volonté populaire. Une communauté liée par son origine sociale (qui ne se divise pas pour rien) ou par sa bonne volonté à voir se maintenir une certaine idée de l'égalité. Cela peut changer le programme.

Ces idées ne passent jamais écoute à la radio détenue par des intérêts privés comme RMC. Curieusement. Des intérêts privés qui font tout pour ne supporter en rien la possibilité du maintien de l'âge du départ de la retraite à 60 ans. Des intérêts qui ne veulent pas payer, qui ne veulent plus rien payer tout en faisant de confortables bénéfices. Les émissions produites font donc une propagande en ce sens. La complicité, elle est là.

Auditeur, réveille-toi.

Pop Com sur Canal Plus : première émission, première censure ?

Article actualisé le 21/09Pop Com est une nouvelle émission d'analyse de l'information, diffusée sur Canal Plus. Présentée par le journaliste Victor Robert, elle souhaite décrypter les stratégies de communication qui agitent les médias. En ce moment, en France, ce n'est pas ce qui manque... Encore faut-il qu'une entière liberté d'action soit laissée à telle démarche, qui plus est sur une chaîne privée, appartenant au groupe Vivendi. Manifestement, c'est raté : première édition, première censure.

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Vivement une bonne pandémie pour exploser nos profits !

La grippe H1N1 ne fait rire personne. Sauf sur BFM radio, lorsque celle-ci rime avec profit. Lors de l'émission Good Morning Business (17/08), on a pu entendre avec effroi le journaliste Stéphane Soumier et Benoît Duvillier, patron de la société Gojo France, se bidonner autour des bénéfices "indécents" liés à l'envolée des ventes du fameux gel antiseptique pour les mains. Avec pour message essentiel : ayez peur, c'est bon pour nos marges. Épique.

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