Le réalisateur de cinéma Roman Polanski devait-il être arrêté en plein festival de Zurich pour des faits datant de plus de trente ans ?

En France, pour la plupart des médias classiques (télévision, journaux), pour les politiques (dont Jack Lang, Bernard Kouchner) et les pairs de Polanski (dont Woody Allen, Martin Scorcese), la réponse est non.

Avec des arguments parfois étonnants : cette affaire n'aurait "pas de sens" (Frédéric Mitterrand), les faits datent et la victime elle-même aurait donné son "pardon".

Sur la Toile, l'avis est plutôt contraire. Une "justice pour tous" est souvent réclamée dans les commentaires d'articles. Et une question revient : pourquoi tant de temps avant cette rocambolesque interpellation ?

Quelques personnalités ont elles-aussi gardé une certaine distance à propos de la défense de Polanski. Le député UMP François Goulard, le réalisateur Luc Besson, mais aussi Daniel Cohn-Bendit se sont déclarés avant tout préoccupés par la nécessité de ne pas se précipiter dans sa prise de position.

Âgée de 13 ans au moment des faits, la victime a été sexuellement agressée par le réalisateur en 1978. Polanski a toujours reconnu la relation. Mais en affirmant que la jeune fille était "consentante"... Une vue de l'esprit insoutenable devant la justice américaine. Avant le procès, Polanski préféra l'exil.

Le regard de Clémentine Autain peut aider à mieux cerner le traitement médiatique de l'affaire. La femme politique s'étonne notamment de la réaction du Ministre de la culture. Et constate : "Un Internaute commentait hier sur la toile : « le piratage, c’est mal ; le viol, c’est pas grave ». Ce qui est aussi choquant dans ce traitement médiatico-politique, c’est que la défense de Polanski se fait au nom de son talent et de sa notoriété."