polémiques.info

Tu sais pas.

Mot-clé - France Info

Fil des billets

Quand Tsonga expédie un journaliste de France Info dans les cordes : jeu, set et caviardage

C'était ce matin à l'antenne de France Info (lundi 3 novembre 2008). Le joueur de tennis Jo-Wilfried Tsonga était interviewé à propos de ses exploits au tournoi de Bercy par deux journalistes, Claire Chaudière et Julien Brigot. Un échange tout d'abord classique, avec des questions sportives et techniques sur la splendide victoire en finale du français. Cependant, à la fin de l'échange, le journaliste Julien Brigot décide de monter au filet et entreprend d'aborder le sujet de la présidentielle américaine. Ce dernier fait alors directement le lien entre l'origine de Barack Obama, définie selon lui comme "afro-américaine" et celle du tennisman, sous-entendue avec insistance et à plusieurs reprises comme comparable. Exemple d'une question de Brigot : "Est-ce que vous pensez que cela va changer les choses de voir un président issu d'une origine afro-américaine, cela doit vous toucher, non... ?"

Avec beaucoup de retenue et de classe, Tsonga exprime tout d'abord sa gêne vis-à-vis de la question, n'ayant aucune envie de parler politique. Mais l'angle utilisé par le journaliste fait plus que le déranger. On sent par ses soupirs que cela le consterne. Est-ce parce qu'il est d'origine dite métissée qu'on lui pose cette question ? S'occupe-t-on de son réel avis politique ? Sa réponse devrait-elle être convenue ? Devant la lourdeur du journaliste qui continue à servir ce thème malgré le silence de Tsonga, le joueur réplique par un ace : "Je me moque de savoir si un candidat à l'élection est blanc, noir ou beur. Et vous, ça vous fait quoi lorsqu'un candidat à l'élection est blanc ?" Bref, un magnifique passing shot face à une question qui mettait en avant les origines dites "ethniques" d'un candidat et les symboles inutiles en mélangeant les domaines, bien loin justement de toute profondeur politique.

Lorsque Barack Obama déclare à plusieurs reprises qu'il n'est pas le représentant des minorités, mais avant tout celui du peuple américain, la réplique de Tsonga montre pour sa part qu'il souhaite être seulement le joueur de tennis favori des Français, reconnu pour son talent et non pas en devenant le symbole de service. Impressionnant de lucidité, Tsonga a été calme, expédiant dans les cordes le journaliste en lui retournant le ridicule de sa question. Après le direct de l'interview, on espérait retrouver ce grand moment de radio dans les prochaines diffusions à l'antenne... Hélas, France Info a caviardé purement et simplement les mots de Tsonga en coupant cette dernière question et la belle réponse du tennisman. Jeu, set et caviardage.

Lorsqu'un chroniqueur de France Info voit la théorie du complot partout...

Comme tous les dimanches, la radio France Info a livré sa traditionnelle revue de presse des principaux journaux du week-end (13/07). Le chroniqueur s’est étonné de la place laissée dans les médias à un traitement divergent des « versions officielles » de deux événements récents : la libération d’Ingrid Betancourt et l’accident de la centrale du Tricastin. Pour le premier, il s’agit de la contestation de la version de l’Etat colombien à propos de l’opération militaire. Pour le second, l’impression d’une minoration des conséquences de la pollution radioactive par les autorités. Le chroniqueur a raillé ces démonstrations en les rapprochant de la "théorie du complot". A-t-on encore le droit de contester une version officielle lorsqu'on avance des arguments et des sources vérifiables ?

Lire la suite...

S'abonner au flux RSS