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Lorsqu'une banque aimerait que les enfants pensent à l'argent...

« À partir six ans », que devrait faire un enfant ? S'amuser ? Lire ? Rêver ? S'ennuyer ? Rire ? Non, selon la banque Société Générale et son site web abcbanque.fr ciblant nos chères têtes blondes, il devrait s'intéresser à l'argent, apprendre à mettre à l'abri ses billets dans un coffre et s'initier à la consommation. Tout un programme.

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Lorsque le foot agite la blogosphère

Faire des articles en voulant démontrer des théories sociales avant de se baser sur les faits, c'est toujours casse-gueule. Lorsqu'en plus on mélange football, politique, discrimination intellectuelle et « tension ethnico-communautaire », le résultat mérite le carton rouge...

Yohann Gourcuff est joueur en équipe de France. Selon le blogueur David Desgouilles, le milieu de terrain aurait été mis à l'écart du groupe à cause de sa trop « bonne éducation » et de sa dévotion au sens collectif.

En résumé, Gourcuff serait considéré comme un « bouffon » par certains de ses partenaires plus individualistes comme Anelka ou Ribéry, ce dernier se prenant même pour un « caïd ».

Sa source ? « En discutant de l’affaire Anelka-Ribéry vs Gourcuff avec un collègue, celui-ci m’a dit ce matin  qu’il avait entendu à la radio que Ribéry se conduisait avec le joueur bordelais comme un caïd de collège. »

On ne donnera pas le nom du collègue. Dans le journalisme, la protection des sources, c'est sacré.

DRIBBLER LE SENS COLLECTIF

Loin de s'arrêter là, le collaborateur du site Causeur.fr se lance dans l'analyse sociétale de fond. Pour ce faire, quoi de mieux que de s'appuyer sur un texte de Natacha Polony ?

Celui-ci tente de montrer que les pauvres petits élèves doués et bien élevés sont toujours mis sur la touche par des indélicats égoïstes qui ne pensent pas à servir le sens du collectif...

Faire le rapprochement entre le fonctionnement d'une équipe de foot et l'éducation nationale pour finalement y trouver un élément « symptomatique d’une époque », fallait oser. Desgouilles l'a fait.

Le blogueur évite néanmoins la stricte évocation d'un différent ethnico-religieux entre joueurs (« Je n'y crois pas », dit-il). Mais rappelle tout de même au passage (supplément gratuit) que Ribéry est « blanc », « converti à l'Islam, tout comme Anelka » dont la pratique n'est « pas très zélée ». Oui, cela n'a rien à voir, mais quand-même, on se demande bien quel aurait été son comportement si elle l'avait été, « zélée »... Sous-entendu involontaire, sûrement.

MAUVAIS REBOND

L'idée est peut-être même tellement « sous-entendue » qu'elle rebondit dans certains commentaires.

Le blogueur Malakine intervient en s'adressant à Desgouilles : « J’aimerais être aussi sûr que toi que cette éviction ne cache pas une tension ethnico-communautaire. A voir la proportion de blacks dans l’équipe type de Domenech, on est en droit de se poser la question… »

Si l'analyse suivante de Malakine sur le sens du collectif français est pertinente (à l'image de ce qui est publié sur son blog), on peut être peu d'accord avec ce point de vue ethnique et être sidéré par l'ensemble des hypothèses faites sur l'équipe de France, censées déboucher sur des faits de société symboliques, témoins de généralités.

Pourquoi ?

  • D'abord, nul ne connaît à cette heure la composition de l'équipe de France. Voilà qui rend difficile tout raisonnement de fond. Surtout si Gourcuff joue ce soir.


  • Ensuite, croire que les actuels joueurs de l'équipe de France décident eux-mêmes des titulaires revient à profondément méconnaître Raymond Domenech et le fonctionnement du staff français. C'est aussi très contradictoire : si les joueurs sont des égoïstes-caïds-écervelés et décident de l'équipe, comment ces petits génies auraient-ils réussi à se qualifier pour la Coupe du monde et a réaliser un élégant 0-0 contre une Uruguay au tournoi prometteur ?


  • Jamais David Desgouilles n'émet l'hypothèse que Gourcuff pourrait être non titulaire à cause de ses 40 tentatives ratées de tirs lointains lors des derniers matchs de l'équipe de France. Un seul coup franc a su être dangereux, visant la pleine lucarne, cependant arrêté par le gardien adverse. Gourcuff a beaucoup tenté. Il a raison. Mais mieux vaut réussir. Parce que ce comportement, justement tient plus de l'individualisme que d'une volonté de participer au collectif... Encore une contradiction dans le raisonnement qui présente le joueur comme une victime. Ceci constitue une explication sportive très claire. Enfin... Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?


  • A force de faire compliqué, on finit par aboutir à des étrangetés... Qui se pose la question aux États-Unis de la proportion des joueurs qualifiés de noirs en équipe de basket-ball ? Personne. La Dream Team se compose des meilleurs, point barre. C'est pareil en équipe de France. Le sélectionneur prend des joueurs de nationalité française parce qu'ils présentent les meilleures qualités techniques et physiques. Pourquoi s'acharner, à l'instar de notre brave philosophe Finkie, à trouver cela dérangeant ? Le blogueur Malakine se place dans cette lignée. A quoi cela sert-il sinon à exacerber des tensions ? Qu'on le veuille ou non, l'équipe de France dans l'état de sa composition a gagné la Coupe du monde 1998, l'Euro 2000, a été vice-championne mondiale en 2006 et s'est qualifiée pour la première fois 3 fois de suite à une compétition internationale majeure. Elle fonctionne. Voilà un fait. Il faudra s'y faire. Est-ce faire preuve de naïveté ? Non, c'est surtout ne pas inventer de problème ou de légende.


  • Enfin s'il faut aborder la question de l'éducation et de la politesse, on voit bien les réflexes qui reviennent dans l'évocation des élèves caïds contre les gentils garçons bien élevés. On sait d'où cela vient, avec une vision particulière de la banlieue par rapport à la province (ce point ne sera pas développé ici). Le problème, c'est que dans le football, toutes les formations et enseignements suivis sont faibles. Les joueurs sont tous tristement en difficulté. Gourcuff y compris. Circonstances atténuantes : il est bien complexe de faire de longues études en s'entraînant cinq heures par jour. Rien ne les empêchent par la suite d'avoir bon comportement ou de progresser, bien heureusement cela est possible sans diplôme. Thuram est cité comme une exemple qui n'existe plus. Mais qu'en savons-nous ? Qui s'intéressait à la moralité de Thuram lorsqu'il était jeune ? Les convictions viennent après. Et pourquoi ne pas parler de l'évolution de joueurs comme Lizarazu ou Leboeuf, tous attachés à multiplier les contrats de consultants, VIP de sites de poker, VIP de l'industrie pharmaceutique, commentateurs, etc ? Serait-ce mieux que de se prendre pour un caïd et d'avoir un comportement juste copié-collé sur le bling-bling sarkozyste (regarde ma grosse montre, regarde ma belle femme) ?

Il y a des dérives qui choquent moins que d'autres.

Et surtout, allez la France !

Education : on continue à se Môquet du monde

"A la rentrée prochaine, on vous parlera encore de la lecture de la lettre de Guy Môquet, devenue marronnier pour les journalistes. L'enseignement de la Shoah fera toujours débat. Mais vous parlera-t-on des moyens d’apprendre diminués ?"

Ceci est l'extrait d'un article publié sur Polémiques.info le 11 juin 2008. Choses promises, choses dues : le marronnier est au rendez-vous, sans surprise. Certains analystes ont choisi de reparler à l'identique de la polémique autour du choix de Guy Môquet pour "sensibiliser" les plus jeunes à la mémoire, etc. Dommage, voilà encore du temps de perdu. Mieux vaudrait réfléchir à la baisse de moyens réservés à l'éducation nationale et de la faillite du système d'enseignement républicain... Le marronnier s'impose dans la presse ? Alors faisons de même... Indigestion médiatique répétée ou tentative d'indignation argumentée, il faudra choisir. Ci-dessous, reprise de l'article Shoah, Guy Môquet... : l'éducation par l'émotion

Telle était la volonté de Nicolas Sarkozy ou, plus précisément, de ses (nombreux) conseillers en communication : orchestrer la lecture de la lettre de Guy Môquet dans l’ensemble des établissements du secondaire. Cette volonté de « faire l’événement », comme si nous étions dans une campagne électorale sans fin, s’exerce sur bien d’autres sujets dont certains médias s’emparent avec délectation, sans aucune réflexion de fond. La polémique sur l'enseignement de la Shoah, par l'émotion, fait partie du même projet. Il n'y a là ni maladresse du président, ni faute hasardeuse.

STRATÉGIE

La stratégie est toujours la même. Au lieu de s’interroger sur les cadeaux fiscaux du gouvernement Fillon aux millionnaires ; une attaque ciblée est menée contre les prétendus « privilégiés » des régimes spéciaux. Au lieu de faire le bilan international - catastrophique de l’administration Bush ; un ministre lance une quasi menace de « guerre » contre l’Iran. Au lieu de se préoccuper de cette part de misère du monde que les pays dits développés refusent d’assumer ; une « loi ADN » est votée, inquiétante, déroutante, si loin des valeurs traditionnelles de la France. Au lieu de lutter contre la terrible diminution du pouvoir d'achat des Français ; on attaque directement la Constitution et le droit dans une sorte de volonté de réécriture inacceptable. Comment garder notre système de retraite par répartition, dont 95 % ne sont pas liés au destin des régimes spéciaux ? Comment investir pour demain, développer les infrastructures, les universités si notre budget est déjà grevé de milliards d’euros en cadeaux fiscaux à ceux qui n’en ont pas besoin ? Comment réduire les inégalités sociales, les discriminations, les fractures sociales si on stigmatise les plus faibles ? Comment conserver la nature même des libertés individuelles ?

COUP D’ETAT DE L’EMOTION

Ces questions ne sont pas oubliées : des chercheurs, des professeurs, mais aussi des entrepreneurs de tous bords politiques y réfléchissent. Mais aucun n’est réellement en mesure de lutter contre ce véritable « coup d’Etat médiatique permanent » qui préfère lancer des problématiques de surface et opposer les citoyens perdus dans des dialogues de sourds. Certains se lancent dans la critique forte, la condamnation sans appel, voire l'insulte inversée : ils ont tort. L’émotion est désormais la base de notre éducation. On peut le regretter. La lecture de la lettre de Guy Môquet en est le plus amer exemple. La proposition du président de la République de « donner » la mémoire d'un enfant victime de la Shoah à chaque écolier du CM2 la plus incroyable et inacceptable. L’émotion a divers « avantages » face à une éducation républicaine. Elle coûte moins cher, n’a pas besoin d’être égale pour tous, n’a pas l’obligation de former des élites issues de tous milieux sociaux. L’émotion touche plutôt l’individu, seul, isolé, qui n’a plus ses repères pour défendre ses propres intérêts avec raison. N’importe quel historien sait que sa discipline s’apprend avec discernement, demande en-quête et réflexion. Laisser l’enseignement de l’histoire aux manipulateurs de symboles, c’est considérer que chacun n’a pas le même besoin d’être éclairé sur le passé, comme pour mieux être conditionné dans son avenir. Dans ce système néfaste, les jeunes peuvent bien entrer en formation à 14 ans : ils verront à la télévision les grotesques mises en scènes historiques d’Etat pour soi-disant « ne pas oublier ». Les risques d’oublier sont pourtant bien plus forts lorsqu’on supprime des milliers de postes d’enseignants. L'oubli est bien présent lorsqu'on ne peut plus penser par soi-même, mais être simplement -comme au cinéma- être influencé par l'émotion qui fatalement sera remplacée par une autre. A la rentrée prochaine, on vous parlera encore de la lecture de la lettre de Guy Môquet, devenue marronnier pour les journalistes. L'enseignement de la Shoah fera toujours débat. Mais vous parlera-t-on des moyens d’apprendre diminués ?

SIMONE WEIL

Cette nouvelle conception de l'éducation est en adéquation avec une nouvelle manière de faire de la politique. Elle veut résoudre le destin de millions de personnes, leur promettant non de comprendre ou d'éveiller et d'éclairer leur réflexion propre, mais en les faisant vibrer sensiblement pour mieux les satisfaire dans leur situation sociale devenue atone, sans perspective de développement, dédiée au mieux à la consommation. Combien reste-t-il de gardiens de la raison, comme Simone Weil, capable de remettre les choses en place, faire l’éloge du bon sens et lutter contre de tels funestes projets ? De nouveaux débats doivent être lancés. Ils ne doivent pas être purement intellectuels, mais convaincre chaque futur électeur que son intérêt, que l'intérêt de ses enfants, n'est pas dans la dictature de l'émotion. Chaque parent, lorsqu'il raconte des contes aux enfants, espère bien qu'un jour ceux-ci puissent les lire eux-mêmes et en écrire de nouveaux. Il faut échapper à ce qui devient aujourd'hui un grand conte sans fin, sorte de série télévisée aux multiples saisons dont toutes se ressemblent, destiné à nous endormir.

Polémique info

Clara Morgane en idole anti-viol : kan c con, c con

clara_morgane_campagne.jpgLe Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) vient de lancer une campagne vidéo pour sensibiliser le grand public à la gravité des violences sexuelles. Intitulée en langage SMS «Kan c non, c non», celle-ci met en scène Clara Morgane, ancienne actrice de films X. Si la lutte contre le viol mérite l’attention et le soutien de tous, la médiocrité de la méthode utilisée fait polémique : mais à qui s’adresse cette campagne ?

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Autoriser internet pendant les examens : la transformation des élèves en terminaux

Le Danemark est en train d'étudier la possibilité de laisser un accès internet aux élèves, y compris durant les épreuves du bac. Le journaliste Emmanuel Davidenkoff (France Info) a relayé cette information en signant une chronique sur le sujet. Est-ce vraiment une bonne idée ? Comment former des esprits libres en les raccordant uniformément à des terminaux ? Voilà qui paraît être impossible.

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Enfants écrans plats : l'enfance invisible

The_Playing_Child.jpgQu’est-ce qui est fragile, constamment abreuvé d’images et aplati par la modernité jusqu’à en devenir invisible ?
a) un écran plat,
b) un enfant,
c) les deux,
d) c’est bon pour la vente des téléphones portables, tant mieux.

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Note2be : l'éducation par la délation ou progrès pour les élèves ?

note2be.jpgLe site internet Note2be a été fermé par décision de justice. En ligne depuis le 30 janvier, il proposait aux élèves de noter leur professeur en les identifiant, établissement par établissement. Le Tribunal de Grande Instance de Paris a estimé que cet exercice pouvait porter atteinte aux activités d’enseignement, risquant de troubler l’ordre public. Selon la juridiction, la mise à disposition d’un forum de discussion sans modération préalable à la publication ne pouvait pas empêcher l’apparition de dérives polémiques. Stéphane Cola et Anne-François de Lastic, cofondateurs de Note2be, ont décidé de faire appel. Ils estiment que cette décision est inquiétante au regard du principe de la liberté d’expression sur Internet en France, en particulier pour les élèves et étudiants français.

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