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Marine Le Pen défend le droit de (casser la) grève

Gracieusement invitée sur le plateau de « C politique » (France 5, 19/12), Marine Le Pen a déclaré dans la même phrase être sociale, favorable à la cause des travailleurs et... contre l'exercice libre du droit de grève.

Selon la présidente du Front National, l'amélioration du « dialogue social », qui « irait très mal dans notre pays », passerait par une limitation du droit de grève, notamment dans le domaine des transports. La défense des salariés rimerait-elle vraiment avec une remise en cause de leurs moyens de faire entendre des revendications ? Une hypothèse qui est pour le moins fantaisiste.

PASSIVITÉ

La présentatrice Géraldine Muhlmann n'a relevé ni ce paradoxe intenable, ni d'autres. Pourtant, les interrogations et demandes de précision ne manquaient pas. Le programme économique et social du parti d'extrême droite affiche de nombreuses incohérences. Par exemple, comment être crédible en montrant de longue date une volonté de promouvoir le techno-libéralisme le plus reaganien et tatchériste, tout en se vantant de plaire aux ouvriers, premiers à souffrir des effets de cette idéologie ?

L'enrobage du discours lepeniste avec des slogans gauchisants n'est devenu possible qu'avec la passivité de certains journalistes qui oublient leur travail de contradiction, en livrant au FN des séances clefs en main non seulement de dé-diabolisation, mais aussi d'enjolivement de ses compétences réelles.

CRITIQUES EN SOURDINE

Étonnant lorsqu'on connaît la parfaite réactivité des médias à remettre en cause la moindre proposition de gauche, par exemple émanant du Parti Socialiste, en la présentant comme « irréaliste », « coûteuse » ou « non financée » avant même tout débat.

A contratio, les idées de gauche détournées et avilies par Marine Le Pen jusqu'au ridicule paraissent de facto « recevables ». Avec pour résultat indirect d'entacher et de discréditer les idées progressistes authentiques. En complément, les mêmes médias affirment régulièrement que les classes défavorisées préfèrent de plus en plus le vote frontiste. Inexact : l'abstention est davantage leur refuge que ce succédané haineux qui milite contre leurs intérêts.

Un succédané qui, au final, permet de maintenir le système économique actuel en fourvoyant ses éventuels opposants, diffusé par une sphère médiatique de plus en plus dépendante de l'industrie et de la finance. Derrière le joli regard d'actrice de Géraldine Muhlmann se profile, volontaire ou involontaire, un implacable rôle.

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