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L'abécédaire du journaliste casseur de grève

L'Abécédaire du journaliste casseur des grèves pour le maintien de la retraite à 60 ans, édition 2010.

A comme Anti-Sarkozysme

La règle numéro un pour le journaliste casseur de grève (JCDG) est de prendre à revers le petit peuple. Comment ? En l'accusant systématiquement d'antisarkozysme primaire dans toutes ses velléités d'opinion contraire à la politique menée par l'actuel gouvernement. Voilà de quoi discréditer tout mouvement social qui oserait émettre son avis sur le fond d'une politique, fatalement incarnée par un homme dans l'exercice de sa fonction. Mise en pratique : la veille de l'adoption à l'Assemblée Nationale de la nouvelle loi relative au financement des retraites, l'émission Ce Soir ou Jamais (France 2) proposait un thème de débat intitulé « Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il si impopulaire ? ». Durant le « débat », le présentateur Frédéric Taddéï lance : « Regardez dans les cortèges comment Nicolas Sarkozy était attaqué... ». En fait, n'est-il pas seulement logique que des manifestants critiquent le président (et son gouvernement) ? Que devraient-ils faire d'autre ? Critiquer le roi de Belgique ? La vérité est qu'en réduisant l'objet même de la contestation à une question de personne, on vole aux manifestants le droit d'avoir (dans la rue) un avis différent quant à la gestion de la chose publique par un homme rejeté avant tout à cause de ses choix politiques.

B comme Bettencourt

La lettre B comme Bettencourt aura été supprimée de l'alphabet utilisé par les journalistes casseurs de grève. Ainsi, le journaliste pourra dire : « Cette réforme, elle nous a vraiment aisé », alors que le manifestant ouvrier ou employé, grand perdant de cette réforme, aura compris autre chose. N'est-il d'ailleurs pas étonnant qu'un ministre du Travail ait pu être maintenu aux affaires malgré la multiplication d'éléments troublants à son encontre, mis à jour par le site d'information Mediapart (pour l'affaire Bettencourt-Sarkozy), Le Canard Enchaîné (pour l'hippodrome de Chantilly) ou ailleurs (pour la trésorerie de l'UMP) ? Mais comme la lettre B a disparu, impossible de poser une question pour éclairer les liens entre M. Woerth et Mme Bettencourt... Un seul journaliste s'y est risqué, Francis Letellier (dimanche 24/10, Soir 3). Réponse du principal intéressé : aucune. « C'est ridicule », a-t-il dit, le plus simplement du monde. Après tout, si ce journaliste a envie de prendre sa retraite anticipée, c'est son problème.

C comme Casseurs

Le journaliste casseur de grèves aime le casseur tout court. En quelque sorte, avec lui, ils forment un binôme efficace pour nuire aux mouvements sociaux. Un casseur est un élément isolé dépolitisé, paraît-il. Il cherche le conflit et uniquement le gain matériel dans la rue. A se demander à quoi sert la vidéosurveillance : le casseur est à la mode capuche. Le JCDG pourra produire un grand nombre de sujets grâce à lui, même si le casseur est rare dans les cortèges. Mener une grève alors qu'une poignée de casseurs peut sévir ? Quelle idée ! « Ne pensez-vous pas que cela soit irresponsable d'exposer la grève aux casseurs ? » pourra lancer le JCDG au syndicaliste médusé. Enfin, parler du casseur permet surtout de ne pas détailler les revendications d'une grève. Faites le test. Visionnez l'ensemble des sujets relatifs aux grèves ces dernières années. A la fin de chacun d'entre eux, demandez-vous : « Mais au fait, quelles étaient les revendications ? » La plupart du temps, vous ne le saurez pas. Un vrai exercice de casse de l'information.

D comme Déblocage

La notion de déblocage doit être utilisée sans modération par le JCDG. Il s'agit de faire oublier ce qu'est intrinsèquement le droit de grève : arrêter une activité et donc bloquer une fonction économique ou sociale. Réduire ce droit à la notion de blocage, c'est une nouvelle fois le discréditer, le rendre négatif et déconnecté de toute revendication, le remettre en question alors que celui-ci est pourtant écrit dans la Constitution. Le déblocage des raffineries doit faire la Une. Même si cela ne veut rien dire : à la limite, des stocks peuvent être débloqués; pas l'outil du raffinage du brut, réalisé par des travailleurs qui sont censés pouvoir faire grève pour leurs revendications sociales. Sauf quand on les réquisitionne en utilisant un articles de loi lié à la défense nationale, événement grave, dans la quasi indifférence générale.

E comme Essoufflement

Le JCDG, dès le début du mouvement DOIT présenter ce dernier comme en voie d'essoufflement. Oui, il vient de commencer. Mais il s'essouffle déjà. C'est comme ça. A croire que le JCDG est chargé de tout faire pour dissuader les spectateurs devant leur poste d'avoir l'idée de grandir les rangs des manifestants. En cela, il appuie la politique du gouvernement en place. Un journalisme d'État, en somme, produit par un service public, dont le directeur est directement nommé par le président de la République. Logique, non ? Que le petit actionnaire se taise. Il ne touche même pas de jetons de présence. Il a les jetons, c'est l'essentiel. D'ailleurs, pour éviter tout désir naissant de sortir dans la rue, on lui répétera qu'une « menace terroriste plane sur le pays » avec – cerise sur le gâteau - une intervention de Ben Laden pour ouvrir les 20 Heures. Son message peut-il au moins faire l'objet d'une authentification sérieuse ? Une seule chose est sûre, à force de décrire les mouvements sociaux comme essoufflés, à force d'affirmer que les arrêts de travail sont en baisse, c'est bien simple : le problème même du chômage a disparu.

F comme le Figaro

Le journaliste casseur de grève ne se sent pas seul partout. Devant les faits sociaux, il peut se sentir obligé de démontrer tout et son contraire. L'âge auquel un ouvrier ou un employé peut espérer rester en bonne santé est de 63 ans, selon des études scientifiques. Qu'à cela ne tienne, titrons que travailler plus longtemps fait rester en bonne santé grâce à la routine ! L'ouvrier à la chaîne ne connaît pas sa chance. Quant à la caissière qui souffrirait de troubles musculaires et squelettiques, ça l'empêchera pas de jouer au Scrabble. Variante : sortir des études sur la multiplication des centenaires en France. La retraite à 80 ans, vous voyez bien que c'est possible !

G comme Génération Future

Le JCDG écoute et soutient toujours les experts qui interviennent sur les plateaux pour 1) hurler à l'injustice de voir les petits enfants devoir payer pour les dépensiers héritiers des Trente Glorieuses, partant à 60 ans à la retraite; 2) affirmer que l'espérance de vie augmente et qu'il faut donc travailler plus longtemps, c'est dé-mo-gra-phi-que ma petite dame. Pourtant, curieusement, les droits sociaux, lentement gagnés pendant le siècle dernier n'ont pas attendu les périodes d'importante croissance pour être imaginés puis conquis dans la lutte sociale. Curieusement, personne (au sein des JCDG) ne parle de la manière comment ces droits ont été acquis, justement. Curieusement, personne ne parle des richesses produites actuellement et de leur redistribution. Ni des richesses produites demain, couplées à une augmentation de la productivité, déjà en exponentielle augmentation depuis 30 ans. De quoi sauver nos enfants qui vivront plus longtemps ? En fait non. Comme ils travailleront plus longtemps, leur espérance de vie diminuera. Mais ça, le journaliste casseur de grève n'en parlera jamais.

H comme Halloween

On y est pas encore, lecteur, reste concentré s'il te plaît.

I comme « Il est bizarre ce type avec son brassard, c'est qui donc ? » (voir photo)

Comme Marie Drucker l'a affirmé dans son édition du 20 Heures du 27/10, les policiers ont toujours été déguisés dans les manifestations pour « débusquer » les casseurs. C'est bien connu, le casseur adore se frotter au cœur d'un cortège, accompagné de Robert, 1m90 pour 110 kilos, camarade du service d'ordre de la CGT. Les bijouteries à fracturer qui bordent les rues ? Cela ne l'intéresse pas.

J comme Journal Télévisé

Quel devrait être le rôle du journaliste tout court ? Du journaliste qui n'est pas attaché à une cour ou à des investisseurs privés ? Essentiellement de parler des faits et des événement de manière médiatisée, c'est-à-dire en faisant seulement le lien entre l'événement et le lecteur ou le téléspectateur. Un lien aussi neutre que possible. Il devrait éviter de donner son avis, sous la forme de question à un syndicaliste, comme David Pujadas (20 heures de France 2, 20/10) : « Avec cette culture du blocage, n'avez vous pas peur d'être la risée de l'Europe ? » Pujadas en sait quelque chose, il est déjà la risée des tous les présentateurs européens à cause de sa coiffure bloquée en forme de renard décédé. Il devrait éviter d'écrire de manière biaisée comme Eric Fottorino dans Le Monde (16/10) : « Une fois de plus, la contestation massive du projet de réforme des retraites illustre comment la France reste un pays très conservateur. (…) L'histoire restant un paravent au réel. » Observez ce miracle sémiologique. Rappelons qu'avancer l'âge de départ à la retrait a été à l'évidence un progrès social. La notion de réforme ne contient aucune valeur en elle-même. Elle peut être bonne ou mauvaise. Alors, qu'est-ce qu'une population qui conteste la suppression d'un progrès social ? Selon Fottorino, elle devient conservatrice. Splendide renversement des valeurs, du travail d'orfèvre. L'homme doit écrire à l'envers en se relisant dans un miroir.

K comme KO économique

Le JCDG doit rabâcher l'ardoise laissée par la grève. Une perte quotidienne d'environ 400 millions d'euros qui laisserait la France en sale état. Qui a fait cette drôle d'évaluation, comment ? On ne sait pas. En fait, l'ardoise, c'est surtout le patronat et ses acquis qui en souffrent. Bizarrement, on a l'impression que proportionnellement, celui qui perd le plus par rapport à ses moyens, c'est l'ouvrier, le salarié, l'employé. Lui qui peut perdre jusqu'à un mois de salaire pour défendre démocratiquement ses idées et soutenir ses revendications. On parle de pertes d'emploi ? Il y a 4 millions de chômeurs. Le problème n'est-il pas plutôt dans la gestion politique et sociale du chômage ? Et plus précisément de celui des jeunes, des vieux. Allons plus loin. Qui fera croire que la suppression d'emplois au sein des grandes entreprise du CAC 40 puisse être liée à une grève ? Total n'a pas attendu la grève pour fermer l'un de ses sites hexagonal et licencier son personnel. Les autres grands groupes ne se privent pas de délocaliser ou faire leur beurre à coups de restructuration. Pourtant, rien n'y fera. Faut pas toucher au portefeuille selon le JCDG. Celui du patron, va sans dire.

L comme Lycéens

Le lycéen est bête, rétrograde, archaïque, stupide, suiveur. Dans un monde néoconservateur, celui-ci n'a aucune conscience politique autonome. D'ailleurs celui-ci n'a pas sa place. Sauf s'il se comporte comme un fils à papa héritier (lorsqu'il en a les moyens), un résigné vis-à-vis des inégalité, consommant à foison, ayant son téléphone portable et achetant à la télévision les gimmicks de René la Taupe, un Ipod rivé aux oreilles qui le rendra sourd. Pas d'inquiétude, les vieux ont déjà acheté les actions des entreprises en prothèses auditives. Toute cette consommation qui détruit par ailleurs la planète par son nombrilisme et son gaspillage associés n'est pourtant rien par rapport à l'égoïsme de lutter contre un projet injuste de prise de retraite tardive y compris pour des ouvriers et des employés. Bref, le jeune ne doit pas réfléchir. Il écoutera Bénabar, Lady Gaga ou Raphaël le Rebelle. Il mangera sucré. Et se fera sucrer.

M comme Maladresse

Admettons qu'un membre du gouvernement fasse une mauvaise déclaration. Certes, elles sont souvent très mauvaises et le pire est qu'elles sont préparées pour alimenter l'agenda politique. Mieux vaut occuper l'espace, même en disant n'importe quoi, plutôt que de donner la parole à la contestation. Mais admettons qu'un membre du gouvernement fasse une bourde non prévue. Fasse preuve de sincérité quant à la nature de la réforme des retraites. Oui, c'est dur à croire. Eh bien, le JCDG n'en parlera pas. Jamais. Nulle part. Dernier exemple : Benoist Apparu, secrétaire d'État au logement, qui sur France 24 a dit le fond de sa pensée sur le projet de réforme des retraites. Pour lui, il s'agit d'une ''« régression sociale »''. Cette interview réalisée par Roselyne Febvre n'aura pas été reprise. On nourrit le peuple des buzz qu'il mérite.

N comme Négociation ou « Non, nous n'avons nullement le choix, sinon on va dans le mur à cause du déficit et la faillite nous attend, on doit sauver le système des retraites par répartition »

Souvenez-vous du compteur qui tournait sur les plateaux de télévision animée par l'inébranlable Arlette Chabot durant la campagne présidentielle 2007. Il présentait la dette publique. Sans expliquer ce qu'elle représentait. Sans parler de politique d'investissement à long terme. Sans parler d'impôt progressif. Sans parler de la situation internationale. Le déficit, c'est pratique. On compare l'état d'un pays à un budget d'un bon père de famille. Bref, on se moque du monde. D'autres possibilités existaient-elles ? Oui, sans aucun doute. Pourtant, les négociations n'ont pas semblé emballer l'opposition. Sénat cravaché, Parlement contrarié, rue ignorée... Il fallait bien ça pour sauver le système des retraites. Celui-ci est d'ailleurs tellement sauvé que le frère du président de la République s'est lancé via le groupe Malakoff-Médéric dans la vente d'Assurances retraite. Vous voyez bien qu'il n'y avait pas besoin de négocier, on négocie pour vous, pour votre bien.

O comme Otages

L'otage n'est plus celui contraint par la force, menacé d'une arme, ne peut jouir sa liberté. Non, il devient l'usager lambda qui doit attendre 30 minutes de plus pour prendre son train de banlieue ou prévoir 24 heures à l'avance son déplacement en province. Le citoyen n'est plus présenté comme possiblement intéressé par le mouvement social, pouvant le soutenir. Il est pris dans la masse des mécontents et des inconvénients. Le journaliste casseur de grève a perdu sa caution depuis longtemps. Même le président a utilisé ce mot alors que des Français sont actuellement retenus (pour de bon) en otages à l'étranger. Mais il paraît que ce sont des journalistes imprudents... Même pas casseurs de grève en plus.

P comme Passants et Pédagogie

Le passant interviewé par un reporter au service du JCDG doit toujours être énervé. En moyenne, pour dix témoignages, neuf seront « en galère », « en colère », « perdus », « agacés », « excédés ». « résignés ». Un seul pourra éventuellement comprendre les raisons de la grève. Mais simplement s'il a l'air triste. D'ailleurs, celui-là, on ne lui a pas assez fait de pédagogie. La pédagogie, c'est expliquer aux enfants qu'ils n'auront pas de goûter à quatre heures en leur montrant le menu dégueulasse de la cantine à midi. Pour parvenir à ses fins, il suffit de les menacer de les priver de récréation.

Q comme Quelle réforme ?

Finalement, le meilleur journaliste casseur de grève est encore celui qui n'en parle pas du tout. Une réforme, quelle réforme ? Plutôt parler de foot. Qui va au stade marque contre son camp. Plutôt parler de divertissement. Qui chante oublie la note. Vous pensez que les animateurs n'ont pas leur carte de presse ? Si. Chaque jour, ils vous informent de votre réalité, assis au fond du canapé.

R comme Répartition

Comme le proposait Marie Drucker (26/10), le gouvernement a sauvé le système répartition. Dans une question posée à Laurent Fabius, elle se demandait pourquoi le PS ne soutenait pas la loi du gouvernement au nom de l'équité, lui qui avait fait le nécessaire pour sauver le système de retraite. Bref, alors que les chiffres sont bien plus mitigés, alors que les spécialistes conviennent sur le fait que le financement n'est que partiel, Mlle Drucker a donc pris le pli de la communication gouvernementale. Il s'agissait en effet de la ritournelle préférée de M. Woerth, utilisée par ce dernier à foison ces dernières semaines. Mais évidemment, on peut aussi se poser la question du mais pourquoi Monsieur Fabius ne répond pas une phrase du genre : « Mlle Drucker, vous soutenez donc la politique du gouvernement sans médiation ? »

S comme Spéciaux

Ah, les régimes spéciaux. Quoi de mieux que de les stigmatiser quand-bien même certains ont déjà commencé à être réformés et à être alignés sur le régime général. Mais non, c'est comme les 35 heures, le filon est bon. Le JCDG s'en souvient toujours. C'est tellement facile à retenir.

T comme Trop

« La manifestation de trop », voilà une belle expression. Employée à de multiples reprises par le JCDG.

UV comme UV

Le journaliste casseur de grève est bronzé en janvier au retour des vacances. Le spectateur ouvrier devrait se méfier de ce qu'il lui raconte.

W comme Woerth

Vide.

X comme l'inconnu d'une équation

Le journaliste casseur de grève expose souvent une équation tellement savante que Mandelbrot aurait du mal à la comprendre. « Nicolas Sarkozy a réussi la réforme et cela le servira pour 2012 ». Variante : « Si Nicolas Sarkozy n'avait pas fait passer cette réforme, il n'aurait eu aucune chance pour 2012 ». Bigre. Dans le premier cas, comment imaginer qu'un homme aussi impopulaire, qui a lancé contre l'opinion publique une réforme si mal ficelée, injuste, puisse profiter du fait même d'incarner cette réforme ? Dans le deuxième cas, si au moins il avait montré sa capacité à satisfaire les partenaires sociaux pour réussir une entente, cela pourrait éventuellement lui profiter... En fait, cette petite mélodie fait plutôt croire à une autre idée, dangereuse, allant contre la démocratie. Elle fait croire aux citoyens que ce n'est plus lui qui décide. Que le courage d'un politique à aller contre l'intérêt commun et à défendre l'intérêt particulier est récompensé par une tierce partie, qui agit dans l'ombre. Donnons au moins un exemple rationnel : les agences de notations à l'étranger, qui peuvent juger les politiques sociales d'État et être ravies de voir une réforme des retraites basée sur une régression sociale. De quelle légitimité jouissent-elles ? Économique, issue du modèle dominant. Le JCDG aime être dominé. Cela tombe bien. Et pour ceux qui continuent à se plaindre, on les taxera de populiste, ça leur apprendra.

Y comme Y'a qu'à relayer la parole du gouvernement

Le gouvernement est optimiste. Le gouvernement est confiant. Le gouvernement a passé une nouvelle étape. Partout, des gens dans la rue, mais tout va bien. Le plus important, c'est la perception du conflit qu'aura la majorité. Et comme les gens regardent le conflit via la télévision à crédit qu'ils ont acheté, le journaliste casseur de grève est tout content de voir son travail bien facilité. Autre mot relai très important alors : DÉFINITIVEMENT. La réforme est définitivement votée. La loi du CPE jamais promolguée ? Cela n'a jamais existé. C'est dé-fi-ni-tif. C'est troublant comment ce mot s'est partout répandu dans les titres ce jeudi 28 octobre...

Z comme Zorro

« J'ai donné des instructions pour débloquer la totalité des dépôts de carburants afin de rétablir au plus tôt une situation normale. » Mercredi dernier, une fois de plus, Nicolas Sarkozy a enfilé son costume de Zorro. Sur son ordre, par sa seule volonté, il allait réussir à « débloquer » l'ensemble des lieux de stockage d'essence en France. Et à la fin, celui qui signe toujours d'un C qui veut dire « communication » pourrait passer aux journaux télévisés du soir pour rassurer les Français de ces images de casseurs, ces présentations montées en neige télévisuelle de file d'attentes interminables aux pompes. Voilà une vraie défense d'une liberté fondamentale en usant de la réquisition sur des bases légales aventureuses, remettant en question le droit de grève lui-même. Oui, Nicolas Sarkozy débloque. Complètement.

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