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Exclusif : l'échange à l'Élysée entre Nicolas Sarkozy et Thierry Henry

L'ancien joueur de l'Équipe de France de football a demandé à être reçu directement par le président de la République à l'Élysée. Voici reportée la teneur de leur échange.

Thierry Henry : Bonjour, monsieur le président, merci de me recevoir.

Nicolas Sarkozy : C'est bien naturel. Vous gagnez plus de 10 millions d'euros par an.

TH : Je souhaite vous faire part de l'ambiance détestable au sein de l'équipe qui...

NS : Oui, je suis au courant de tout.

TH : Ah bon ?

NS : C'est l'ISF qui vous a fait sortir de vos gonds. Sachez que je le comprends. Travailler si dur pour perdre comme ça le fruit de votre labeur à la fin de la saison... Insupportable. J'ai fait instaurer le bouclier fiscal. J'ai supprimé les droits de successions pour les multimillionnaires. Nous progressons. La rupture est là.

TH : Excusez-moi mais... Mes revenus sont... pas mal déclarés à l'étranger... Je vis à Barcelone et à Londres.

NS : Alors, je vous donnerai envie de rentrer en France. Comme pour Johnny Halliday. Vous savez, on a de grandes équipes en France. On a le PSG.

TH : Je voudrais plutôt revenir sur le désastre de la Coupe du Monde. Il ne faut peut-être pas accabler trop vite certains joueurs et faire des amalgames douteux. L'encadrement à sa part de responsabilité.

NS : Mais non, je sais que vous n'êtes pas tous une bande de voyous calmés par une montagne de pognon... Je suis soucieux de défendre votre image et de défendre le capital de voix que je prends au Front National. En revanche, je n'ai pas du tout apprécié votre grève. On s'en est rendu compte plus que votre jeu.

TH : C'est à dire qu'il y avait la climatisation dans le bus. On s'est habitué au confort. On a formé un 4-4-3, mais sur les sièges. Ribéry devant à la DS, Gallas derrière avec son Ipod, Gourcuff la jouait rebelle en lisant Kant. Sortir s'entraîner, courir et transpirer, on y est pas arrivé... Faire joueur de haut niveau, c'est pas si facile.

NS : Je comprends. Moi-même, j'ai parfois du mal à faire président de la République. Soyez assurés de mon soutien. Vous représentez les meilleurs rentrées publicitaires de ce pays, occupez à merveille le temps de cerveau disponible de nos concitoyens. Ribéry, c'est les banques; Anelka les chips et les fast-food; vous-mêmes les rasoirs... Allons enfants de la VRPatrie, la gloire de TF1 est arrivée.

TH : J'espère que je ne vous ai pas trop de pris de votre précieux temps.

NS : Oh, non, si peu. J'ai simplement dû annuler un rendez-vous avec des ONG, vous savez les Organisations Non Gouvernementales, des trucs pour la faim dans le monde et l'aide au développement, les familles en difficulté, tout ça... Bon, elles ont décidé de boycotter la rencontre de substitution que j'ai eu la générosité de leur proposer avec un secrétaire d'État. Les trois milliards de pauvres des pays en développement peuvent attendre ! Le foot, d'abord. Il m'était arrivé la même chose mardi avec la présidente de la Confédération helvétique. J'ai annulé notre rendez-vous à cause de votre match. Fallait pas que je rate le seul but de la France ! D'ailleurs, regardez, l'Algérie, elle n'a pas marqué un seul but !

TH : Oui, leurs joueurs sont souvent dans des clubs français. Ils nous ont copié. Solidaires.

NS : Enfin bref, pour fuir ce rendez-vous ennuyeux, j'ai déclaré que j'étais débordé à cause des inondations dans le Var. Bof, le Var, ils n'ont même pas une équipe en Ligue 1.

TH : Au revoir Monsieur le Président, merci.

NS : Je vous en prie ! Plus tard, à part : Secrétaire ? Veuillez contacter l'AFP. On va faire un communiqué sur le fait que j'ai remis à sa place un arrogant joueur en perte de valeur morale qui grâce à moi a bien compris qu'en cette période de crise il fallait renoncer aux primes autres que marketing qu'ils ne devaient de toute façon pas toucher. Oui, inflexible voilà, merci. A lui-même : Moraliser le capitalisme, maintenant le foot... Crevant ce boulot.

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