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Royal : voilà ce que c'est d'avoir BHL comme conseiller

Cela devait arriver. Après Sarkozy qui fabrique ses goûts littéraires auprès de ses conseillers(1), Royal se mettrait à créer des personnages historiques... Il s'agit d'une forme de similitude supplémentaire entre les deux politiques, après leur goût pour les néologismes : Nicolas avait inventé le concept d' « héritation » (2) et Ségolène l'idée de « bravitude ». Pas de jaloux.

Cité par la présidente socialiste du Conseil régional de Poitou-Charentes sur Facebook le 10 mai dernier(3), l'illustre Léon-Robert de l'Astran n'aurait pas d'existence clairement démontré. Il aurait été un humaniste, adversaire de l'esclavage au XVIIIe siècle. Mais seul le « découvreur » du personnage, non historien mais amateur de greniers, soutient à la radio que l'existence du personnage fut bien réelle. Pour preuve : quelques signatures au bas de lettres qu'il faudra expertiser (si celles-ci existent).

UNE INFO PRIORITAIRE

Les médias n'ont pas attendu de vérifier : France Info a déclaré Royal « piégée ». Le site M6-MSN Actualités a placé l'information à la Une tôt ce matin. On ne badine pas avec les priorités de l'info. Même la conseillère de l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007, Sophie Bouchet-Petersen, a jeté l'éponge en déclarant que « l'erreur est humaine ».

Qui vivra verra. N'est pas Botul qui veut. Car un autre aspect de cet affaire doit être soulevé. Nul n'ignore que Bernard-Henri Lévy conseille à ses heures perdues Ségolène Royal. Nombreux soutiens de cette dernière s'en plaignent. Cet épisode pourrait leur donner raison : peut-on s'entourer d'un amateur de personnages historiques inventés ? En effet, dans son dernier ouvrage, BHL a repris le nom d'un certain Botul pour une démonstration des plus sérieuses alors que celui-ci n'était en fait qu'un personnage imaginaire.

Voilà où mène les influences qui manquent de crédibilité. En tout cas, aucun conseiller de M. Sarkozy ne lui aurait conseillé de revendiquer en réalisateur de cinéma préféré Bernard-Henri Lévy.

NOTES

(1)Souvenons-nous de ce passage lors d'une défunte émission « Culture et dépendances » animée par Franz-Olivier Giesbert. En pleine campagne électorale de 2007, l'animateur demanda au futur président s'il aimait lire. Appliqué, M. Sarkozy récita une liste composée principalement de... deux livres : Belle du Seigneur d'Albert Cohen et Voyage au bout de la nuit de Céline. Autant ratisser large. Le peu de naturel dégagé lors de l'exercice, le peu de développement tel qu'en était capable Mitterrand (exemple parmi d'autres) semblait démontrer un joli story telling rédigé par d'attentionnés conseillers. Gageons cependant que le président ait pu depuis son entrée à l'Élysée faire des progrès en découverte littéraire grâce à un nouveau conseiller : sa femme, véritable caution culturelle.

(2) Néologisme livré tel quel durant la dernière campagne électorale présidentielle, lors d'un déplacement au Mont-Saint Michel, le 15 janvier 2007. Curieusement, à l'époque, peu de médias avaient relevé le lapsus mis à part Libération dont l'article en relation est aujourd'hui... indisponible. Seul un petit papier est consultable, à propos d'une autre bourde de Sarkozy, moins croustillante. Pour la « bravitude » de Royal, en revanche, les liens fonctionnent super bien, partout sur la Toile, à foison et même sur Libération. Honneur aux dames.

(3)Une information Sud-Ouest. Lâchez rien les gars.

LG - polémique info

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