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Tu sais pas.

La British Petroleum arrose tout

Alors que le pétrole se déverse encore dans le Golfe du Mexique suite à l'explosion d'une plateforme d'exploitation (11 morts), BP prépare déjà sa défense à grands renforts de contrats. Préserver ses employés, l'environnement ou les dividendes de ses actionnaires, dans la vie, il faut faire des choix : déjà, il y a quelques mois, la compagnie avait refusé de revoir à la hausse ses normes de sécurité à la suite d'un rapport du MMS (Minerals Management Service).

DU CYNISME BRUT EN TANKER

Des pêcheurs recrutés par la British Petroleum vont être chargés de contrer les premiers effets du désastre qui ruinera tôt ou tard les côtes marécageuses de la Louisiane. Être arrosé d'une misérable poignée de pétrodollars avant de voir sa ressource pérenne arrosée de brut.... Quel réjouissant programme à 7 dollars de l'heure... D'autant plus que ces généreux contrats incluent le renoncement à toute poursuite ultérieure en justice contre BP. Si le cynisme se raffinait, cette compagnie en vendrait des tankers entiers.

Autre forme de défense : de nombreuses informations sont diffusées pour appuyer l'idée que l'industrie du pétrole aidait énormément le sud de la Louisiane sur le plan économique. Ritournelle reprise les yeux fermés par France Info (3/5) avec des reportages dont un témoin affirme sans contradiction journalistique : « Vous ne trouverez aucun pêcheur pour être en colère contre la compagnie pétrolière ». On parie ? Une certitude : après la catastrophe, restera debout la multinationale. La pêche locale, c'est pas sûr.

YES, WE (JERRI)CAN

Du côté du politique, Barack Obama semble redécouvrir ces temps-ci le triptyque fondateur du libéralisme économique : propriété, liberté ET responsabilité. Le président des États-Unis affirme que BP devra payer la facture de la catastrophe. Pourvu que son plan soit plus convaincant que celui pour les banques... Pour le moment, il n'a même pas envoyé de porte-avions...

Du côté de BP, les moyens sont-ils mis en œuvre de manière assez rapide ? A-t-il été décidé de réparer l'exploitation (pour tenter une reprise future du pompage) ou de la combler définitivement ? Évidemment, boucher une poche dont la pression doit être colossale à sa sortie dans les profondeurs marines doit être complexe... Mais si ce type de choix devait peser sur la rapidité de l'intervention, qui déciderait ?

Au final, une question se pose, comment une marée noire aussi vaste que l'État de Puerto Rico (plus de 8000 km²) peut-elle se constituer aussi facilement ? Ce cas de figure n'avait-il pas été envisagé ? Même en tout petit dans le contrat du pauvre pêcheur, cela n'est pas indiqué.

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