polémiques.info

We're not journalists. We just have internet access.

Tu sais pas.

De Colonna à Clearstream : lorsque Nicolas Sarkozy oublie la présomption d'innocence

En déplacement aux États-Unis, Nicolas Sarkozy a évoqué le procès Clearstream, dont il est partie civile. Le président de la République s'est réjouit que "les coupables" soient présentés à la justice alors que les débats commencent à peine au tribunal de Paris. Dominique de Villepin est clairement ciblé par cet oubli caractérisé de la présomption d'innocence. Nouveau lapsus ou habitude politique prise depuis le procès Colonna ?

"Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel.", a déclaré le président de la République, hier mercredi, en déplacement aux États-Unis.

De nombreux observateurs ont qualifié de "lapsus" ce grave oubli de la présomption d'innocence. Dominique de Villepin est directement visé par cette déclaration.

Or, Nicolas Sarkozy avait déjà fauté en la matière. Le 4 juillet 2003, il déclarait : "La police française vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Erignac". Et là encore, le justice ne s'était encore nullement prononcée à propos du nationaliste corse.

AU CROC DE BOUCHER AVANT LE DEPECAGE DU DOSSIER ?

Plutôt qu'un lapsus, le président actuel de la République semble entretenir une vision toute particulière de la justice. Une habitude qui a de quoi inquiéter les magistrats, déjà heurtés par le projet à l'étude de suppression du juge d'instruction.

Cette sortie - dans le cadre d'une interview ultra-préparée - a surtout un rôle politique : elle attaque l'ennemi de Villepin et influence forcément la population suivant l'affaire. On peut donc penser que celle-ci est pleinement consciente et assumée.

L'avocat de Dominique de Villepin, scandalisé par cette prise de position, a engagé une action en justice contre Nicolas Sarkozy.

Cependant, Maître Olivier Metzner n'ignore pas l'immunité du président de la République jusqu'à la fin de son mandat et admet que : "C'est justement l'intérêt de cette procédure de démontrer que le tribunal ne pourra pas se prononcer contre la personne qui viole notre présomption d'innocence."

La même procédure, initiée par l'avocat d'Yvan Colonna, est toujours en cours.

Polémiques.info

S'abonner au flux RSS