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Le Parti Socialiste, c'est la haine à la plage

nn_008.jpgLe Parti Socialiste arrive à un tournant de son histoire. Soit il parvient à rassembler toute la gauche autour d'un leader pour défendre l'intérêt commun; soit il s'enferre dans ses divisions individuelles pour couler... le socialisme. Voilà qui laisserait la place à un désert, qui peut s'apparenter en cette période estivale à une plage. Avec sa faune.

La chef de colo' débordée : Martine Aubry

Pauvre « Titine »... Pas facile de tenir ses troupes. Les enfants indisciplinés ne suivent plus le règlement intérieur. Et les lettres de rappel n'y suffisent plus. Quant aux activités collectives, elles n'intéressent personne : la Maison commune, faute d'apporter de nouveaux jeux conceptuels, se construit sur du sable. Après la déroute des européennes pour laquelle la Première secrétaire a rechigné à prendre sa part de responsabilité personnelle, celle-ci n'a pas réussi à rebondir avec son plan de rénovation du parti. Parfois, l'uniforme ne suffit pas, le charisme reste essentiel. A fortiori dans le système présidentialiste qui prévaut actuellement en France. Pour Martine, retour à l'île ?

Le requin blanc, white, blancos : Manuel Valls

En tant que baigneur, on a toujours peur du requin. Rassurons-nous, les risques d'une rencontre sont presque inexistants. Manuel Valls compte ses faibles forces au sein du Parti Socialiste, mais sait jouer de sa présence médiatique. Les dents acérées, il s'est déjà proclamé candidat à la primaire pour l'élection présidentielle de 2012. Si ses chances de mordre le bout de gras à Sharkozy sont nulles, l'espoir de se rassasier en 2017 apparaît : préparation d'une prise du PS grâce à des valeurs de droite, volonté de le débaptiser le parti, substitution du socialisme à une forme de gestion de type blairiste, autrement dit... à l'américaine. Voilà un choix qui pourrait briser les tabous s'il était exercé au sein d'une équipe. Pourquoi ne pas l'imaginer en ministre de l'Intérieur d'une gauche décomplexée sur les questions de sécurité ? Hélas, en solitaire – comme l'est le grand blanc – cela s'assimile plus à une volonté de jouer au grain de sable. Présent à la Garden Party du président, Valls semblait être comme un poisson dans l'eau. Attention à l'effet loupe.

L'enfant indiscipliné : Arnaud Montebourg

Au PS, Arnaud Montebourg est secrétaire national chargé de la Rénovation. Alors forcément, ça bouge. Le député souhaite convoquer un référendum militant pour réfléchir à la mise en place de primaire en vue de la présidentielle de 2012. Il faut « mener la bataille militante de la refondation », dit-il. Voilà qui dérange quelque peu sa chef dont on se demande si elle ne préfèrerait pas voir se jouer la bataille de refondation des militants : le système des primaires avantagera encore des supporters souvent acquis à sa rivale, Ségolène Royal. La suite : le 27 août, lors du prochain séminaire organisé par Montebourg lui-même. D'ici là, l'homme se sentira peut-être plus léger d'un mandat. Les vacances, ça donne toujours de très bonnes idées.

La méduse : François Hollande

La méduse, c'est ce petit animal de l'espèce des cnidaires qui s'approche lentement de nos côtes en flottant au gré des courants. Imposant dans l'eau, il reste inoffensif à terre. Pour autant, qui s'y frotte, s'y brûle. On lui reproche son manque de travail pendant sa décade à la tête du PS ? Il répond par le sujet Bayrou, replacé au centre du parti (au sens propre comme figuré) pour relancer un débat source de divisions majeures chez les socialistes. On l'interroge sur l'état de parti après son passage ? « Si l'on m'interroge, je dis que tout va bien », dit-il, médusant son auditoire. Sans oublier que dix années passées à la tête d'un grand parti, ça laisse de petits souvenirs comme la légende d'une crypte (sous-marine) de dossiers. Pire, l'année des méduses, désormais, c'est désormais tous les étés, paraît-il (au moins jusqu'en 2012).

Le petit baigneur : Benoît Hamon

Benoît apprend vite à se servir de l'épuisette à médias, mais il faut lui apprendre longtemps. Le temps qu'il fasse attention au timing lié à la publications de ses interviews. Le temps qu'il apprenne qu'on ne fait pas de gestes dignes d'un petit polisson en public. Le temps qu'il encaisse une défaite cuisante aux européennes. Le temps qu'il réalise qu'un porte-parolat doit être un peu plus tourné sur l'offensive que figé sur d'éternelles déclarations à propos de la nécessité d'apporter un nouveau projet, de nouvelles idées, comme si le PS n'en avait pas. Des idées, pourtant, Hamon n'en manque pas. Et la crise mondiale semble lui donner raison... Alors pourquoi aussi peu de visibilité ? A force de rester sous le parasol, on évite les coups de soleils. Mais impossible de briller.

Le vendeur de beigne(t)s : Pierre Moscovici

Il parle à qui veut l'entendre. Le vendeur de beigne(t)s arpente les plages médiatiques sans langue de bois et multiplie les sorties qui détonnent : Allègre ? « Déjà au gouvernement ». Kouchner ? « Il fait semblant ». Le Parti Socialiste ? « Vermoulu à certains égards» (Le Figaro, 09/07). Et bing ! Tout ne se vérifie pas, un peu comme la fraîcheur d'un chichi à la framboise acheté à 40° à l'ombre. Mais l'énergie est là. Inutilisée semble-t-il. Presque jusqu'à l'extrême frustration. Qui veut de mon Europe fraîche ?! Qui veut de mon franc-parler à barbe mal rasée ?! Allez, allez ! Idées, projets et chichis ! Après un terrible Congrès de Reims pour lui, les soldes sont là.

Le château de sable : Laurent Fabius

Fort de son noble passé de premier ministre, Laurent Fabius a oublié que tout château de sable disparaît après plusieurs vagues. Réfugié dans le haut donjon pour retrouver la «sagesse», l'été passé, qu'en restera-t-il ? Surtout lorsque les enfants indisciplinés s'amusent à le piétiner. Sur le Figaro.fr, il souhaite un rapprochement avec les Verts. Il faudrait savoir : prendre l'air du large ou l'air du temps ?

Sur le pédalo : Jean-Noël Guérini et Bertrand Delanoë

Un pédalo, ce n'est pas encore le radeau de la méduse. Mais attention à la longue et pénible dérive incontrôlée. Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Gérini vient de prendre le grand large. Il a quitté le courant L'Espoir à gauche de Vincent Peillon. Il s'est aussi éloigné du club de réflexion intitulé la Ligne claire (par temps troublés) formée avec Manuel Valls et Gérard Collomb. Selon lui, il y aurait « trop d'ambitieux » au PS (Le Canard Enchaîné - 15/07). Cela se saurait... Quant au maire de Paris, bien que fort de son activité politique locale, il fait du surplace sur la scène nationale. L'échec au Congrès de Reims fut une piqûre d'oursin. Ce qui fait très mal et dure. Depuis, Bertrand Delanoë écope. Même son site internet est actuellement fermé (en rénovation lui aussi) et devra revenir « sous une autre forme ». Le fond, ça se soigne aussi.

Le voyeur au caméscope : Jack Lang

Innocemment, il fait semblant de filmer l'île au loin. Mais ce sont des postes bien plus proches qu'il vise. Obsédé de la Culture du pouvoir, un retour au sein d'un gouvernement l'excite. Tentant les contorsions les plus invraisemblables pour trouver le bon angle, une entrée dans les douches sarkozystes ne lui fait plus peur. Une fois retiré le sel socialiste de sa peau, tout devient en effet possible.

L'Aldo Maccione : Dominique Strauss-Kahn

Il roule des mécaniques à la tête du FMI. C'est bien simple, elles sont toutes folles de lui. Parmi les Français, il tient toujours la côte selon un sondage. Futur candidat du PS en puissance ? Encore faudrait-il que l'homme naviguât toujours à bâbord. Officiant dans un organisme dont le passe-temps est de saigner à blanc les pays en continuant à les faire renoncer par exemple à leurs services publics (voir le cas récent de la Hongrie), la question se pose de manière légitime. Grand séducteur, il passe et repasse sur la plage, à la Aldo-la-classe, histoire de se faire voir. Et de ne pas se faire oublier pour 2012...

Le cerf-volant : Pascal Lamy

A l'instar de Dominique Strauss-Kahn, il suit le vent du libéralisme depuis très longtemps. En planant tellement haut qu'il ne voit plus rien. Au point de demander une augmentation auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce, dont il est l'un des directeurs général. Comme le fait remarquer Philippe Cohen à ''Marianne'', cela fait tâche en pleine crise. Attention, en cas de tempête, un cerf-volant, ça se déchire.

La jolie naïade : Najat Vallaud-Belkacem

Même en imperméable, on la regarderait pendant des heures... Au-delà de l'apparence, la valeur intrinsèque veut s'affirmer. Au sein d'un Parti Socialiste qui recherche le renouvellement, une nouvelle manière de faire de la politique : et si on commençait par voir plus souvent les nouvelles têtes ?

Le grain(cheux) de sable : Lionel Jospin

Une fois qu'on l'a perdu, même un grain de sable en or ne se retrouve plus. A fortiori lorsqu'il est de marbre.

Le pingouin égaré : Michel Rocard

Mais que fait-il là sous ces latitudes ? Nommé à la tête d'une commission sur les pôles par Nicolas Sarkozy, Michel Rocard a viré tribord. Certes, il avait quitté le PS. Mais voilà un symbole degôche de plus qui tombe dans l'escarcelle du président de la République. Une mission de réflexion à propos de l'emprunt (une anémone qui sera une ruine pour les classes moyennes qui n'auront pas de quoi épargner) vient de lui être confiée. Quelques personnes espèrent encore que la liberté d'expression de Rocky promette quelques belles sorties sont à venir. Avec des palmes, on peut encore reculer.

Le maître nageur : Ségolène Royal

Assis sur le point le plus haut de la plage, le maître nageur à la meilleure vision. En retrait, il observe, scrute pour attendre... la noyade. Paradoxalement, ce qui le met le plus en avantage est le drame qui arrive à autrui. Serait-ce la tragédie actuelle au PS menée par Martine Aubry qui lui offrirait un tremplin pour démontrer ses capacités en matière de sauvetage ? Ou la cause des femmes bien trop vite mise à mal à cause de chansons ridicules chantées par un illustre inconnu ? La droite s'est régalée à transformer le maître nageur en maître chanteur aux subventions... Drôle de temps où les conservateurs en viennent à soutenir des paroles bêtes, emplie de violence gratuite. A moins que cela soit à cause de leurs liens avec la vision du couple rétrograde de Benoît XVI ?

Le maître nageur aime les polémiques qui lui permette d'apparaître sur le devant de la scène médiatique. Drôles de temps dans lesquels il faut communiquer dans l'excès pour gagner le pouvoir. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose... Attention, venu le moment du sauvetage, le bouche à bouche s'imposera. Certains contacts seront bien difficiles à renouer dans certains cas. Jean-Pierre Mignard, proche conseiller de Royal, l'a bien compris en avouant ne plus vouloir jeter de l'huile (solaire) sur le feu. Objectif 2012 avec une nouvelle tentative de rassemblement. En 2007, cela avait été l'une des causes du plouf.

Les pompiers-secouristes : les militants

Ils ont tout le mérite. La crise du PS, ils l'observent avec une infinie patience. Avec incompréhension aussi. La crise, certains la vivent tout court. Qui défend aujourd'hui les intérêts de la classe moyenne et des personnes les plus exposées à la crise ? Quel parti ? Un parti capable de gouverner, bien évidemment... Le Parti Socialiste devrait être répondre à l'appel. Or, sa rénovation dure depuis 7 ans. Les primaires donneront à nouveau la parole à la base de la gauche. Les pompiers ne veulent plus voir de feux.

N'hésitez pas dans vos commentaires à poursuivre ces portraits...

MR

Commentaires

1. Le samedi, juillet 18 2009, 09:39 par gauchedecombat

bravo ! belle brochette, beau casting, et de l'esprit polémique... Mais dis moi : qui sert à quoi ? On va vers où ? Si j'étais toi je me demanderais dans quel état j'erre...

2. Le samedi, juillet 18 2009, 10:22 par MR

Dans quel Etat vous voulez dire ? Sinon, votre blog est désormais rangé dans l'étagère des liens de ce site. A très bientôt !

3. Le samedi, juillet 18 2009, 22:21 par Lievre

drôle
bien cette manière d'écrire, j'aime beaucoup DSK en Aldo Macione !

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