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La Nasa découvre des ressources énergétiques et minières en Afghanistan : Yes, we (jerri)can(e) !

afghanistan-nasa-ressources-gas.jpgLa Nasa vient de (re)découvrir d’immenses réserves de gaz, pétrole et minerai dans plusieurs régions de l’Afghanistan. L’information est révélée par le site Paktribune.com. L’agence spatiale américaine, tout aussi spécialisée dans l’étude du sous-sol par imagerie satellite, n’a pas encore officiellement confirmé la nouvelle. Celle-ci provoque déjà une polémique vis-à-vis de la récente décision de Barack Obama de renforcer la présence militaire américaine dans cette région du monde. Mais qui ignorait encore que l’Afghanistan représentait un enjeu majeur en matière d’énergie ?

Au siècle dernier, les études en prospective en Afghanistan existaient déjà. De nombreux spécialistes ont estimé très tôt que ce pays possédait une grande réserve de gaz, de pétrole et de ressources minières. Plusieurs études en attestent : « Geology and oil potential in the north of Afghanistan » (de Bratash, Egupov, Petchnikov, Shelomentsev – Nedra Publishers) ou encore « Map of Mineral Resources of Afghanistan » (de Chmyrov et Abdullah – Ministry of Geology / URSS) La première étude date de 1970. La seconde de 1978. Soit un an avant l’invasion russe en Afghanistan.

Ressources donc conflits ?

Il serait périlleux de parler d'un évident rapport de cause à effet entre présence de ressources énergétiques et conflits. Même si l'exemple récent de la guerre en Irak donne quelques pistes de réflexion en la matière. Une certitude : si les méthodes d’analyse des sous-sols s’améliorent techniquement, les enjeux géopolitiques restent identiques.

Un accord signé l’année dernière entre le ministre afghan aux ressources minières et l’ancien ambassadeur américain Zalmay Khalilzad a permis de renforcer les recherches. Pour autant, les Etats-Unis n’ont pas attendu cette (re)découverte de nouvelles ressources pour s’intéresser à la position géopolitique du pays. La démarche est simplement plus politiquement correcte... Naguère, la CIA s'en occupait dans l'ombre.

L’Afghanistan est en plein milieu des routes reliant l’Asie Centrale à la mer Caspienne et la Turquie, via le Turkménistan. L’influence russe s’étant effritée en même temps que le mur de Berlin, il fallait entourer au mieux les anciennes positions des « bakous », ces anciennes places fortes de la production énergétique soviétique. Sans négliger la question iranienne toute proche, qui complique nombre d’accès de l’Océan Indien à la Méditerranée. Des accès dont les Américains estiment nécessaire de s'arroger le contrôle, militairement et économiquement, alors qu'ils doivent surveiller... la bouillante situation pakistanaise.

Yes, we (jerri)can(e)

L’opinion publique internationale attendait beaucoup d'un changement de politique étrangère de la part de Barack Obama. Après quelques mois d'exercice du pouvoir, les schémas restent les mêmes : une grande puissance a besoin de ressources énergétiques sur le long terme pour continuer à affirmer son pouvoir, tel qu'il est actuellement conceptualisé au sein d'une communauté internationale atone.

Alors que de nombreux analystes se penchaient sur le discours d’investiture du président américain, vantant sa nouveauté, son ouverture, une phrase est passée totalement inaperçue. C’était pourtant la plus importante : « Les Etats-Unis ne s’excuseront pas de leur style de vie ». Et donc, le pérenniseront. Avec les conséquences en matière de gestion énergétique : pour rester gros, il faut manger beaucoup.

Au Xème siècle, le géographe arabe Ibn Hauqal écrivait : « Il y a à Badakhchan de magnifiques grenats, de splendides pierres précieuses qui valent les rubis par leur beauté et par l’éclat surprenant de leurs coloris roses, grenadins, purpurins ou encore d’une nuance lie-de-vin. C’est également là que l’on extrait le lapis-lazulu, grâce aux nombreux gisements des montagnes environnantes. » Les États-Unis viennent de proposer leur aide à l’industrie afghane pour exploiter et tailler des pierres précieuses... Rien de nouveau sous le soleil.

Commentaires

1. Le mercredi, mai 20 2009, 17:57 par NicoBarça

Je trouve l'article un peu injuste envers Obama. Quand il dit qu'il ne va pas s'excuser pour le mode de vie des américains, il est en train de parler de terrorisme, pas d'économie, ni d'écologie. C'est de démocratie et de liberté dont il parle. D'ailleurs les terroristes s'en foutent pas mal d'écologie. Dans ce passage du discours, il vient de parler de coopérer avec les afghans, de partir d'Irak, de mettre fin à l'arrogance américaine, etc, (là on se dit : Che Gevara sort de ce corps!), et il enchaine en disant que cependant, faut pas exagérer, on va pas nous empêcher d'être une démocratie, de regarder du porno, du foot, de boire de la bière, nos filles iront toujours à l'école, etc.

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