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Victoire de Barack Obama : de l'événement à l'espoir d'une action politique nouvelle

A 4 heures du matin, heure française, Barack Obama semble se diriger vers une victoire historique en accédant au poste de président des États-Unis (avec, qui plus est, une majorité dans les deux assemblées majeures, le Sénat et la Chambre des représentants). Tous les journalistes se seront cependant passés le mot : il faut rester prudent ("It's too close to call !").

A 4 heures du matin, heure française, Barack Obama semble se diriger vers une victoire historique en accédant au poste de président des États-Unis (avec, qui plus est, une majorité dans les deux assemblées majeures, le Sénat et la Chambre des représentants). Tous les journalistes se seront cependant passés le mot : il faut rester prudent ("It's too close to call !").

Pourtant, deux États symboliques ont quitté le giron républicain. Le premier, l'Ohio, un État clef par excellence. Le second, le Nouveau Mexique, crucial d'un point de vue sociologique, vis-à-vis du vote Latino. La Floride paraît de la même manière donner l'avantage au sénateur de l'Illinois et au parti démocrate.

DÉCEPTION INTERDITE ?

Si les populations mondiales ont conscience d'assister à un moment déterminant de l'histoire, les lendemains devront être teintés d'une vraie action politique, renouvelée et en rupture avec les multiples pratiques qui sont les causes des crises financière et sociale actuelles.

L'événement a pris l'habitude d'être une sorte de pièce de musée, constamment rabâché sur la scène médiatique devant les spectateurs pour les endormir et laisser les décisions réelles mortes... Si Obama gagne grâce à une utilisation brillante du story telling, l'art de raconter une histoire à un peuple, il faudra que le nouveau président réalise cette fois l'histoire pour un peuple.

Les chantiers sont nombreux et immenses. Au-delà du symbole, la politique devra renaître. Au-delà des discours sur les discriminations, sur les couleurs des candidats, il faudra de l'action concrète. Et en premier lieu, réconcilier les américains avec l'économie internationale, a fortiori les employés et les catégories sociales défavorisées, ces dernières étant complètement assommées par la mondialisation et sacrifiées sur l'autel des manipulateurs de symboles (voir les travaux annonciateurs de l'économiste Robert Reich "L'économie mondialisée"). Obama pourra-t-il inverser la donne en matière de redistribution des richesses qui atteint aujourd'hui des inégalités impensables ?

SARKOZY UN PEU PLUS SEUL

En France, Nicolas Sarkozy - sauf à mentir sur ses engagements passés - se retrouvera isolé sur la scène internationale. Ayant fait le choix d'un rapprochement "atlantiste" avec l'administration Bush pourtant en fin de règne, il ne pourra compter que sur son talent à récupérer les réussites sans en avoir été aucunement l'initiateur... C'est bien une victoire contre l'establishment néoconservateur que signerait la victoire d'Obama. Quiconque avait voté Sarkozy ne pouvait se reconnaître que dans le personnage de Mc Cain, sauf à ne rien comprendre aux enjeux. N'oublions pas néanmoins qu'Obama peut avoir aussi quelques conseillers pro-Sarkozy et que les passerelles entre présidents en place sont toujours plus faciles à établir.

Dans tous les cas, un vent nouveau souffle sur le monde. Ne boudons pas notre plaisir. Si le résultat de l'élection se confirme, Obama ne sera pas le premier président noir des États-Unis : il sera le premier président de l'histoire de ce pays sur lequel reposent autant d'espoirs populaires. La seule couleur qui comptera sera en ce sens la couleur pourpre. Celle de l'union symbolique de la Terre et du Ciel... Vaste programme que de réunir les hommes d'un pays-monde.

Commentaires

1. Le vendredi, novembre 7 2008, 16:07 par Vozokarak

Madame Goldfin,
Il y a de la superbe dans vos ambitions journalistiques, une petite promenade sur la toile m'ayant conduite par hasard à votre goût affiché pour la polémique. Au fil des textes, je sens pourtant encore un parfum de conformisme, et, à mon corps défendant, une question reste en suspend : "Où est donc la promise polémique?" Si je puis émettre un avis, en tant que lectrice, l'ensemble me semble de bonne facture et bien mené, mais un petit goût d'inachevé reste sur le bout de la langue. Néanmoins "la critique est aisée mais l'Art est difficile", alors tous mes encouragements... car je continuerai à vous lire

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