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Sarah Palin future présidente des États-Unis ?

« Vous connaissez la différence entre une hockey mom et un pittbull ? Le rouge à lèvres. » Ainsi aime se présenter Sarah Palin, colistière du candidat John Mc Cain à la prochaine élection présidentielle américaine. L’image d’une mère qui mène de front carrière et vie de famille plaît à l’électorat conservateur et à l’Amérique profonde. Favorable à l’interdiction de l’avortement, prônant l’abstinence avant le mariage et condamnant toute éducation sexuelle, Palin affiche clairement ses valeurs. Et si, un jour, la possible vice-présidente accédait à la plus haute charge du pouvoir ?

« Vous connaissez la différence entre une hockey mom et un pittbull ? Le rouge à lèvres. » Ainsi aime se présenter Sarah Palin, colistière du candidat Mc Cain à la prochaine élection présidentielle américaine. L’image d’une mère qui mène de front carrière et vie de famille plaît à l’électorat conservateur et à l’Amérique profonde. Favorable à l’interdiction de l’avortement, prônant l’abstinence avant le mariage et condamnant toute éducation sexuelle, Palin affiche clairement ses valeurs. Et si, un jour, la possible vice-présidente accédait à la plus haute charge du pouvoir ?

Nous souhaitons évidemment une longue vie à John Mc Cain. Mais l’importance des enjeux ne peut faire oublier l’âge du capitaine : 72 ans. L’hypothèse d’une passation de pouvoir pour raison de santé en cours de mandat n’est pas à négliger. Sarah Palin deviendrait alors la première femme présidente des États-Unis. Si cela n’influerait guère sur la scène politique intérieure du pays, les conséquences pourraient être bien plus élevées dans le domaine des affaires étrangères.

INEXPÉRIENCE

Gouverneur d’Alaska, son expérience en tant qu’élue est restreinte avec deux années seulement à la tête d’un État considéré comme mineur avec moins de 700 000 habitants. Sa connaissance de l’international est loin d’être plus élevée. Le passeport de Sarah Palin ne date que d’un an. Durant toute sa vie, elle ne s’est déplacée en dehors des frontières de son pays qu’une seule fois. C’était au Koweït, sur une base américaine. Autant dire qu’elle ne s’amuserait pas à expliciter à un auditoire : « Vous connaissez la différence entre un Chiite et un Sunnite ? ».

Évidemment, les coursives de la Maison Blanche regorgent de spin doctors et autres conseillers prêts à l’aider pour appliquer la doctrine idéologique du moment. Celle de W.Bush, néoconservatrice, soutenue depuis deux mandats a vu la cote de popularité des États-Unis à l’étranger se détériorer. Elle a dessiné les traits d’un pays hyperpuissant, de type quasi-impérial, qui impose sa volonté à la communauté internationale. Pour les dirigeants actuels, là était l’intérêt du pays, première force militaire au monde et pour longtemps. C’est un point de vue. Qui peut prétendre en connaître les résultats sur le long terme ?

MISE SOUS TUTELLE ?

Mc Cain n’a pas toujours été un soutien aveugle de W.Bush. Souvent contestataire des méthodes employées pour mener la « guerre » contre le terrorisme, il a un temps dénoncé la pratique d’actes proches de la torture à Guantanamo. Si la campagne électorale oblige plus que jamais à arrondir les angles avec l'équipe en place, Mc Cain ne serait pas un président potiche. Sa parole d’ancien soldat prisonnier au Vietnam pèserait dans la gestion des conflits.

Sarah Palin ne peut pas en dire autant. Elle serait la personne idéale pour maintenir la situation dans une immobilité totale. En cas d’accessit à la présidence, sa mise sous tutelle serait complète. Le retour à la doctrine néoconservatrice la plus dure serait instantané. Derrière le verni de la modernité, qui lui est octroyé par une communication habile du clan Républicain, la candidate Palin serait la garantie du statu quo. Membre de la NRA (National Rifle Association), qui défend la libre possession des armes à feu et mère d’un futur soldat envoyé en Irak (son fils Track, 19 ans), elle affirme que le conflit irakien entre dans un « plan de Dieu ». Autant dire que cette vision serait l’alibi parfait pour imposer n’importe quelle décision unilatérale à la surface du globe.

Un entretien télévisé donné à la chaîne ABC (voir vidéo) donne un avant goût du champ des possibles. Tout en se déclarant « prête » à diriger, elle condamne d’emblée la réaction russe en Géorgie. Sans surprise, elle continue en affirmant que les « les armes nucléaires entre les mains du gouvernement iranien sont extrêmement dangereuses pour tout le monde sur la planète. (…) Il faut mettre la pression sur l’Iran. » A propos des frappes américaines au-delà de la frontière Afghane, en territoire pakistanais : « Pour stopper les extrémistes islamistes, ces terroristes qui cherchent à détruire l'Amérique et nos alliés, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir. » Bref, rien de nouveau sous le soleil : le texte est bien appris, l’originalité ou l’innovation politique absente.

L’AVENIR DU MONDE

Du côté des démocrates, le problème est souvent présenté comme inverse. Joe Biden, le colistier, a plus d’expérience en politique étrangère que Barack Obama. On pourrait aussi parler de mise sous tutelle de ce dernier. Pour autant, Obama ne boude pas la scène internationale. Au contraire, cette dernière l’adule dans tous les pays avec une popularité jamais vue depuis Kennedy.

Mais Joe Biden, au contraire de Sarah Palin, ne pèsera guère sur l’élection. En retrait, voire terne, sa communication est bien plus calamiteuse. Son image plaît moins à l’Amérique profonde. C’est pourtant bien cette dernière qui aura le dernier mot. Elle détient l’avenir de son pays. Qui est aussi en bonne partie celui de l’avenir du monde. Rappelons que, dans l’histoire, tout empire qui s’est refermé sur lui-même en préférant soutenir des valeurs bellicistes pour son seul profit s’est tôt ou tard écroulé.


Sarah Palin ABC Interview With Charlie Gibson Part 1

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