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Lorsqu'un chroniqueur de France Info voit la théorie du complot partout...

Comme tous les dimanches, la radio France Info a livré sa traditionnelle revue de presse des principaux journaux du week-end (13/07). Le chroniqueur s’est étonné de la place laissée dans les médias à un traitement divergent des « versions officielles » de deux événements récents : la libération d’Ingrid Betancourt et l’accident de la centrale du Tricastin. Pour le premier, il s’agit de la contestation de la version de l’Etat colombien à propos de l’opération militaire. Pour le second, l’impression d’une minoration des conséquences de la pollution radioactive par les autorités. Le chroniqueur a raillé ces démonstrations en les rapprochant de la "théorie du complot". A-t-on encore le droit de contester une version officielle lorsqu'on avance des arguments et des sources vérifiables ?

Comme tous les dimanches, la radio France Info a livré sa traditionnelle revue de presse des principaux journaux du week-end (13/07). Le chroniqueur s’est étonné de la place laissée dans les médias à un traitement divergent des « versions officielles » de deux événements récents : la libération d’Ingrid Betancourt et l’accident de la centrale du Tricastin. Pour le premier, il s’agit de la contestation de la version de l’Etat colombien à propos de l’opération militaire. Pour le second, l’impression d’une minoration des conséquences de la pollution radioactive par les autorités. Le chroniqueur a raillé ces démonstrations en les rapprochant de la "théorie du complot". A-t-on encore le droit de contester une version officielle lorsqu'on avance des arguments et des sources vérifiables ?


Se moquant avec ironie des nouveaux élements avancés, le chroniqueur les retranscrit à peu près en ces termes : « Alors l’otage Betancourt aurait déjà été libérée avant l’opération militaire (qui n’en était pas une), nourrie pour lui donner un meilleur aspect physique, puis libérée avec une mise en scène, CQFD... On est en pleine théorie du complot. Même chose pour l’accident nucléaire du Tricastin, avec le souvenir de Tchernobyl dans l’ombre, genre "on nous cache tout", c’est un complot... La théorie du complot a encore de beaux jours devant elle... » Etc.

Le métier de journaliste pour ce chroniqueur semble assez simple : se fier aux versions officielles. Tout ce qui s’en éloignerait tiendrait donc de la « théorie du complot ». Enquêter ? Rechercher ? Mettre en doute ? Se poser des questions ? Proposer des arguments et des faits ? Inutile. Pourtant les arguments et les faits ne manquent pas, justement. C’est bien cela qui fait la différence entre des personnes jouant avec le spectre de la conspiration et les autres. Il faut s’interroger à partir du moment où des éléments tangibles démonte n’importe quelle version d’un événement, quelle soit officielle ou non.

Pour la libération d’Ingrid Betancourt, deux sources majeures (un journal colombien et la radio Caracol connue pour diffuser les messages des familles destinés aux otages de la jungle) apportent des remises en cause précises et fondées. Notamment celle que l’opération militaire n’était que l’aboutissement d’une négociation bien plus ample. Qui parle de complot ?

Pour l’accident nucléaire, le simple bon sens fait se poser des questions lorsque plusieurs centaines de kilos d’uranium disparaissent dans la nature sans laisser de traces ou si peu comme cela a été affirmé. L’usine en question a finalement été fermée. Est-ce nécessaire pour un incident déclaré comme mineur ? Et quelle maladresse de parler de Tchernobyl alors que, justement, voici un événement dont la vérité a été complètement cachée et maquillée ! Souvenons-nous des frontières imperméables au nuage radioactif... Pourquoi parler là encore d’un complot ? Aujourd’hui, il existe des associations indépendantes qui veulent obtenir des vérités. Qui portent plainte. Des scientifiques indépendants s’expriment. Ils peuvent apporter des preuves. Nul ne veut remettre en cause la version officielle en se plaisant à agiter « la théorie du complot », mais simplement vérifier l’information donnée.

Ainsi, la théorie du complot rend bien des services... Si toute personne qui conteste avec des arguments et des sources vérifiables une version officielle devient un farfelu « théoricien du complot », on peut s’inquiéter de l'avenir du journalisme d’investigation en France.

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